Josiane CHAHOUNKA, The Chic Lady !

L’image que j’ai de Josiane CHAHOUNKA, est celle d’une femme forte, humaine, attachante et authentique… Je l’ai rencontrée il y a 9 ans environ à l’enterrement de sa mère… Autant de charisme, dans des circonstances si douloureuses !
Plus tard, nous avons gardé le contact via les réseaux sociaux et j’ai appris à la connaître, post après post.

J’ai découvert une femme avec du coeur, une fashionista et surtout une Chic Lady. Josiane, c’est aussi la Jo de JoLi, un service sur mesure qu’elle a co-fondé avec sa soeur Libérale (on y reviendra). Avec l’équipe, nous avions décidé de nous infiltrer dans son dressing, il nous en fallait plus. Josiane CHAHOUNKA est la fashion Model du Mois de Mai et c’est CHIC !!!

Ladies and Gentlemen, entrons dans la tête de cette femme aux multiples facettes 😉

Josiane CHAHOUNKA, The Chic Lady !

Qui es tu ? Parles-nous de toi, d’où viens-tu, quelle est ta formation initiale ? (on veut tout savoir)

C’est toujours difficile de parler de soi-même. Mais pour faire simple, je vais commencer par le tout début. Je suis née à Porto-Novo le 5 Mars 1980, dans une famille nombreuse et de la classe moyenne béninoise. J’y ai passé tout mon cycle primaire. De la 6e en Terminale, j’ai fait le Lycée Béhanzin; de belles années où je me suis fait la plupart de mes amis.

Ensuite après mon baccalauréat, j’ai étudié le Droit pendant 4 années à l’Université d’Abomey-Calavi (j’y suis allée un peu par hasard comme la plupart des étudiants de la série A, mais aussi parce que je pensais que le métier de notaire ou celui de magistrat pourrait être une voie).

Puis je suis partie en France pour quelques autres années d’études de 3e cycle. Je suis juriste originellement car j’ai un DEA de Droit Privé, mais j’ai par la suite complété mon parcours par un Master 2 en Gouvernance et un autre en Gestion et évaluation de projets de développement. J’ai essayé de faire un Doctorat, mais je n’ai tenu que quelques années. C’était trop dur.

Josiane CHAHOUNKA, The Chic Lady !

Ce parcours universitaire m’a conduit depuis 8 ans à travailler en tant que Consultant pour les bureaux d’études dans le domaine de la Coopération au Développement, plus spécifiquement dans des programmes d’appui à la société civile et à la gouvernance financés par le Fonds Européen de Développement. J’ai ainsi vécu et travaillé 4 ans et demi au Cameroun, 4 ans au Togo, mais je suis rentrée à Cotonou depuis la fin de ma dernière mission en 2016 et j’y vis.

Ça c’est le côté « Universitaire ». J’ai aussi une 2e vie. C’est surtout pour cela que nous sommes là d’ailleurs. Il se fait que je suis passionnée de mode et j’ai créé JoLi avec ma sœur Libérale, depuis 4 petites années.

Libérale,  qui es-tu ? Parles-nous de toi, d’où viens-tu, quelle est ta formation initiale ? (on veut aussi tout savoir) !

Je suis également née à Porto Novo et j’y ai grandi, j’ai 40 ans. Dans notre très grande fratrie, Jo et moi nous nous suivons, ce qui fait que depuis toujours nous avons une grande complicité. J’ai étudié au Collège Bio Guerra, puis au Lycée Béhanzin.

Après un Bac littéraire, j’ai fait 3 années à l’ENA du Bénin (Cycle I) et j’en suis sortie diplômée en Administration du Travail et de la Sécurité Sociale (ATSS disions-nous à l’époque). Après ce 1er cycle à l’ENA, j’ai continué mes études en France et obtenu par la suite un DESS en Gestion des Ressources Humaines et un DEA en Droit Social. J’ai ensuite démarré une thèse et y ait consacré 3 ans, avant de me rendre compte que ce n’était pas fait pour moi. Depuis 13 ans, j’ai occupé différents postes en Gestion des Ressources humaines.

Pour me définir aujourd’hui, je dirai que je suis Responsable RH pendant 9 à 10 heures par jour et passionnée de mode le reste du temps. Je ne m’arrête jamais 😊

J’ai d’autres centres d’intérêts dans la vie : j’aime tout ce qui est beau et raffiné. J’adore écrire et lire. Mon rêve secret et j’y travaille, est de devenir écrivain.

Josiane CHAHOUNKA, The Chic Lady !

Qu’est-ce que JoLi ? Expliquez nous en détail…

JoLi c’est un Service de Personal Shopping que nous avons créé officiellement depuis 3 ans, mais notre page existe depuis 4 ans maintenant. Comment nous en sommes arrivées là ?

Josiane CHAHOUNKA, The Chic Lady !

En réalité les choses se sont faites toutes seules. Nous avons toujours conseillé nos amies et fait du shopping pour elles depuis toujours. Au départ, en tant qu’étudiantes à Paris, nous rapportions des articles à vendre pendant les vacances. Puis quand je suis rentrée en Afrique, j’ai été déçue par l’offre qui existait en matière de mode. Du coup, je commandais tout ce dont j’avais besoin à Paris.

Puis le wax a été remis au goût du jour de façon plus moderne et j’ai donné libre cours à ma créativité. Je reçevais de plus en plus de demandes de la part de mes amies et de leurs amies. Avec Li, on essayait donc de les satisfaire. Nous avons donc décidé de créer une page Facebook (Merci à Mark Z). Au début, la page était destinée à partager nos looks, nos astuces et nos bons plans mode. Les demandes sont venues par la suite.

Le 1er service de Personal shopping connu à Cotonou, naissait ainsi ! Cliquez pour tweeter

Concrètement que représente le Personal Shopping pour vous ?

En réalité nous n’avons rien inventé. Le Personal Shopping existe dans plusieurs pays. Comme son nom l’indique, cela veut dire « Acheteurs personnels ».  Il s’agit donc d’une prestation. Nous vendons un service qui permet d’acheter pour un client ce qu’il souhaite, en le conseillant et en lui facilitant cet achat.

Il s’agit d’un service ultra personnalisé, nous devons faire preuve d’empathie, de disponibilité et d’écoute à chaque demande. Nous n’arrêtons pas les recherches et les propositions tant que le ou la cliente, n’est pas pleinement satisfait (e). Nous sommes très sensibles à cet aspect : la satisfaction de la clientèle.

Josiane CHAHOUNKA, The Chic Lady !

Depuis, plusieurs personnes ou structures offrent le même service à Cotonou et ceci est une bonne chose. Nous estimons que la concurrence crée une émulation positive en cela qu’elle aide à affiner notre service. Nous nous efforçons de nous démarquer tous les jours. Pour profiter de nos services, il suffit de nous contacter via notre page Facebook, juste ici.

D’où vous vient cette passion pour la Mode ?

Hum…. Nous nous posons parfois la question et avons souvent l’impression que c’est quelque chose d’intrinsèque.

Jo : Moi par exemple, je ne suis pas du genre à vouloir porter la dernière tendance, même si j’aime la mode, je suis plus attachée au style. Je crois que cela vient aussi de notre maman (paix à son âme, elle est décédée en 2011 à 65 ans tout juste, trop tôt pour ainsi dire). Elle était très coquette et ne laissait rien au hasard. Le genre de dame qui ne roulait pas sur l’or, fonctionnaire de l’administration béninoise, commerçante de wax à ses heures perdues mais très coquette.

Elle assortissait ses tenues, portait des talons de 10 ou 11 cm pour aller travailler, et portait une chaine de cheville, même après avoir eu 7 enfants. Elle ne sortait jamais sans dessiner ses sourcils (le long trait fin d’entre temps qui se retrouvait dans les cheveux, et sans se poudrer le visage, porter son rouge à lèvres et une bonne eau de toilette). Un héritage certainement, mais une passion innée de mon point de vue. Nous fouinons beaucoup et nous nous inspirons des tendances au jour le jour.

Josiane CHAHOUNKA, The Chic Lady !

Li : Je dirai aussi qu’il s’agit d’un héritage : maman était une personne très coquette, très bien habillée en toutes circonstances. Papa aussi était un Monsieur très élégant. Ayant grandi dans un tel environnement, cela a pu nous influencer. J’ajouterai que, grandir au milieu de beaucoup de filles, a accentué cet attrait pour la mode.

De mon point de vue, l’élégance est une forme de politesse envers les personnes que nous rencontrons tous les jours. Je suis les dernières tendances, mais je ne suis pas une victime de la mode.

De plus, le fil rouge de cette passion commune c’est que nous pensons qu’on peut avoir un style ultra pointu et être parfaitement bien habillé tous les jours sans se ruiner. Toutes les marques ont quelque chose à offrir. La citation qui résume assez bien cela est de Karl LAGERFELD : « Vous ne pouvez pas être faussement chic, mais vous pouvez être chic en fausse fourrure. » et nous la faisons nôtre.

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Pourquoi l’idée de proposer du sur mesure à vos clients ? Quelle est votre cible ?

Nous sommes toujours en ligne droite du service que nous avons créé. Notre service de personal shopping comporte 2 branches :

La branche « Achats » : qui nous permet d’acheter pour nos clients ce qu’ils désirent et les conseiller. Quelques exemples : renouvellement de garde-robe, looks pour aller bosser, tenue complète pour un mariage. Renouvellement du stock de chaussures, etc.

Les cosmétiques et autres accessoires ne sont pas du reste non plus. Nous répondons à la demande. Dans le même sillage, nous proposons aussi des coups de cœur à la vente régulièrement. Notre sélection de coups de cœur est très rigoureuse.

La branche « Sur-mesure », nous permet de faire faire des tenues pour nos clients qui le souhaitent. Au début c’était pour répondre au besoin des personnes qui ne vivent pas ici à Cotonou ou en Afrique et qui n’ont pas accès à des couturiers, et c’était axé sur le pagne. Mais depuis nous proposons aussi régulièrement des créations, qui ne sont pas en pagne.

L’idée est d’être au plus près de la demande de nos clients. A partir d’un modèle dessiné par nous, la cliente peut nous demander de changer une forme de manches sur le modèle proposé, de faire une robe en plus courte etc…

En proposant du sur-mesure, notre volonté est d’être au plus près des souhaits de nos clients : le point de départ c’est le Client ! Cliquez pour tweeter

Notre service Sur-mesure est destiné aux femmes, aux hommes et aux enfants. Nous répondons et satisfaisons la demande qui nous est formulée.

Josiane CHAHOUNKA, The Chic Lady !

Revenons à Josiane. Qu’est-ce qui a motivé tes différentes migrations à travers le monde?

En réalité, je n’ai jamais planifié et été motivée pour voyager et bouger dans le monde, sauf pour des vacances bien-sûr.

Comme je l’ai expliqué plus haut, je voulais continuer mes études. Je suis allée à Paris, puis j’ai eu des opportunités professionnelles dans les 2 autres pays. En réalité c’est à Cotonou que j’aime vivre, je m’y sens « à la maison ». C’est un sentiment apaisant, que je ne ressens nulle part ailleurs. Mais j’aime aussi bouger de temps en temps : aller voir mon autre sœur à Johannesburg, une autre aux USA, et revoir Paris, cette ville est magnifique, j’aime beaucoup y flâner.

Josiane CHAHOUNKA, The Chic Lady !

D’où puises-tu cette bonne humeur quasi constante ?

Rires… Je ne sais pas… Je crois qu’il y a des personnes qui ont une nature joyeuse et d’autres moins et que je fais partie de la 1ère catégorie. Mais je suis aussi convaincue qu’être enjouée est une forme de résistance face à la dureté de la vie. Tout comme d’être bien habillée et apprêtée d’ailleurs.

Ton lifestyle afromoderne, minimaliste chic est inspiré de quoi ?

Je m’inspire de tout. La rue, mes lectures…Je lis Vogue, Glamour, Cosmopolitan, Amina parfois. Je « chasse » sur Instagram, Facebook, je m’inspire des looks de mes amies etc… Je donne libre cours à mes idées.

L’adjectif « Minimaliste chic » semble être mieux indiqué pour décrire mon style. Moins j’en mets, mieux je me porte; surtout que le pagne ou le wax est devenu un tissu lambda. D’ailleurs ces dernières années, il y a une bataille qui nous rappelle que le wax n’est pas africain. Et par conséquent, même si je porte beaucoup de pagne, de wax, je ne crois pas que cela suffise à qualifier mon style d’ Afromoderne.

Mon style est ce qu’il est : Simple et épuré, chic et apprêté ! Cliquez pour tweeter

Josiane CHAHOUNKA, The Chic Lady !

Comment ressens-tu l’entreprenariat Mode et Lifestyle au Bénin ?

Je trouve qu’il y a une révolution due d’une part, à la montée en puissance du wax et ensuite à la demande sans cesse croissante des béninois. Des marques naissent tous les jours (j’exagère à peine) et c’est plutôt une bonne chose.

Mais on peut déplorer parfois le manque de soins et de finition des pièces qu’on retrouve sur le marché, des tarifs parfois exhorbitants etc… De toutes les façons, des améliorations se feront toutes seules et le tri sera naturel.

D’une façon plus générale, ce qui manque réellement sur place, ce sont des ateliers de confection capables de produire des tailles standards, tout en garantissant des finitions parfaites. Ceci est un vrai regret et une source de ralentissement de notre activité, car nous tenons à ce que les tenues JoLi soient fabriquées au Bénin.

Josiane CHAHOUNKA, The Chic Lady !Qu’espérez-vous (Libérale et toi), apporter de nouveau dans l’atmosphère mode béninoise à travers JoLi ?

Nous n’avons pas la prétention d’inventer quelque chose de nouveau. Nous espérons juste que nos créations apportent du peps, de l’originalité et du style dans l’offre existante. Pour ce qui concerne le Personal Shopping, nos sélections sont pointues et chics. C’est en tout cas ce que nous disent nos Stylistas.

Nous apportons une écoute attentive et un service client irréprochable. C'est la base ! Cliquez pour tweeter

Où te vois-tu dans 5 ans ?

Quand je me projette dans 5 ans, je me vois travailler dans une Institution ou dans un projet qui s’occupe des questions de développement au Bénin… J’ai un enfant ou 2. Je suis en bonne santé et je continue de vivre ma vie à Cotonou. Je consacre mes soirées et mon weekend end à JoLi.

Beaucoup disent qu’on ne peut pas avoir plusieurs activités et les mener de front tout en les réussissant, que si JoLi devrait se développer il faudrait que nous nous y consacrions à temps plein.

Nous Jo et Li, ce que nous voulons c’est TOUT à la fois !  Nous sommes convaincues qu’on peut mener de front plusieurs activités, pour peu qu’on s’en donne le temps et les moyens. Nous y travaillons dur.

Josiane CHAHOUNKA, The Chic Lady !Comment vois-tu la mode béninoise ? Quels en sont les points forts et quels sont les domaines à améliorer ?

Je ne pense pas qu’il existe une mode béninoise à proprement parler. Je trouve qu’il y a des créateurs au Bénin et que dans ce secteur cela bouge beaucoup, nous assistons à une démocratisation du secteur. C’est une bonne chose, que cela ne soit plus la chasse gardée de quelques stylistes.

Comment vis-tu le lifestyle au Bénin ?

À Cotonou, ce que j’aime, c’est passer du temps avec mes amis à refaire le monde autour d’un bon repas ou d’un bon verre. Cela peut se faire chez eux ou chez moi dans nos canapés et pas forcément en ville. Je passe pour ainsi dire beaucoup de temps chez moi.

Mais j’aime aussi découvrir et manger dans des restaurants sympathiques. Il y en a beaucoup qui sont pas mal. Je ne suis pas une grande danseuse et sors rarement en club. De temps en temps, je sors prendre un verre le soir au Mojito, au Rooftop du Home et au Chevalier. Pour sortir de Cotonou et se poser un week end, Casa Del Papa c’est THE Reference pour moi.

Mais au-delà de tout ceci, il y a tous ces évènements familiaux qui animent la vie sociale de Cotonou et qui rythment nos week-ends : les «  Agô » comme on les appelle. C’est à dire tous ces évènements festifs qui célèbrent des baptêmes, des anniversaires, des communions, des anniversaires de décès etc.

Josiane CHAHOUNKA, The Chic Lady !Regrettes-tu parfois de t’être établie au Bénin ? Pourquoi ?

Aucun regret. J’adore cette ville, son âme, ce qui s’y déroule et je me sens comme un poisson dans l’eau. C’est ma ville et c’est ici que j’aime vivre. Le seul bémol constitue ma carrière professionnelle en dehors de JoLi, qui stagne un peu.

J’ai régulièrement des propositions de mission à l’étranger car, à Cotonou, le champ professionnel dans mon domaine est un peu réduit. Mais je ne souhaite plus vivre ailleurs en réalité, et en tant que consultante, je suis habituée aux périodes d’inactivité entre 2 missions et j’y crois fortement. J’y suis, j’y reste.

Quels sont tes designers africains préférés ? Pourquoi ?

Je n’ai pas de préférences. Je trouve qu’il y a des gens qui font du bon boulot et je les suis tous. De toutes les façons, je n’ai pas les moyens de m’offrir des pièces de designer. Mais je suis d’accord, ils peuvent tout au moins constituer une source d’inspiration. Je peux citer par exemple Christie Brown, Lisa Folawiyo, Imane Ayissi, Grace Wallace, Pepita D, etc.

Les GOÛTERS DE LA BEAUTE by JoLi; de quel concept s’agit-il ? Comment as-tu vécu la première édition ?

Josiane CHAHOUNKA, The Chic Lady !

Nous avions de plus en plus de demandes en matière de produits de beauté et de cosmétiques, et avons pensé proposer des bons produits de beauté et de maquillage à prix raisonnables, car dans ce domaine aussi l’offre à Cotonou laisse à désirer.

Nous avons voulu aussi passer un moment sympathique avec nos amies et followers de Cotonou,  un moment d’échanges, pour déguster des mignardises, apprendre à faire son Make up et se procurer par la même occasion ces produits.

Je garde un beau souvenir de la 1ère édition, nos amies et leurs amies ont fait le déplacement. Il y avait 2 ou 3 autres évènements dans la ville ce même jour. Les participantes ont adoré la démo de maquillage et les produits. Nous n’avons pas eu autant de monde que nous en attendions. Je pense que nous n’avons pas pu ratisser au-delà de notre « réseau », c’est-à-dire de nos amies et connaissances et de leurs amies à elles. Mais c’est déjà un bon début !

Le public cotonois est très spécial, il fonctionne par « réseau » et par affinité. Ici  à Cotonou, on ne va pas à un Goûter de la beauté, quand on ne connait pas personnellement les organisateurs…rire….

Pourquoi te surnomme-t-on la « papesse de la mode » sur les réseaux sociaux ?

Rire… On ne me « surnomme » pas la papesse sur les réseaux sociaux.

En réalité c’est moi qui ai commencé à appeler Libérale ainsi, car je trouve son style plus affiné et plus sophistiqué que le mien. Mais comme c’est ma sister d’amour et qu’elle a un regard bienveillant sur le mien,  elle m’a à son tour, surnommé « la papesse ». Et moi pour faire la différence entre nous 2 je l’appelle la « papesse en chef ». Elle me l’écrit souvent quand je poste des photos de mes looks, et certaines de nos amies le reprennent parfois.

D’ailleurs j’ai l’humilité de penser que je ne suis pas une papesse du tout, mais cela nous amuse de nous appeler ainsi de façon réciproque ! Cliquez pour tweeter

Quelles sont tes marques préférées ? Pourquoi ?

Je porte un peu de tout. Mais je peux citer Zara (the first), Mango, Asos, River Island, Topshop, H&M, Pimkie, Promod, Camaieu, Kookai, Cosmo Paris, San Maria André, etc. Je ne porte que des marques accessibles et pas chères.

Ceux qui nous suivent depuis le début, ont dû le lire à plusieurs reprises. Notre conviction est qu’on peut être chic et ultra stylé, sans dépenser beaucoup d’argent.

Et toutes les petites marques ont quelque chose à offrir, du moment où l’on a l’œil et que l’on sait dégoter la belle pièce.  D’ailleurs je n’ai toujours pas ma 1ère paire de Louboutin. Cela veut dire que je suis en train de rater ma vie non ?

Plus sérieusement, les seules choses pour lesquelles je dépense parfois plus cher, ce sont les sacs et parfois les montres, mais là encore il y a des limites.

Josiane CHAHOUNKA, The Chic Lady !

Qu’est ce qui définit l’originalité d’un look selon toi ?

L’originalité, c’est ce qui fait la différence et le style. Deux personnes peuvent s’offrir une même pièce et obtenir des résultats différents. L’une d’entre elle sera plus originale que l’autre, parce qu’elle aura assemblé cette pièce avec des accessoires pointus, qui sortent de l’ordinaire ou parce qu’elle aura détourné la pièce en la portant autrement. L’originalité est essentielle par ces temps, où on assiste à beaucoup de « clones » de looks.

Quels sont vos objectifs (Libérale et toi) pour JoLi ? JoLi dans cinq, dix ans)

Notre objectif, c’est d’ouvrir un point d’accueil avec un atelier intégré pour recevoir nos clients ou de créer un Concept Store JoLi, où nous proposerions des pièces rares et sélectionnées avec soin. Nous espérons également recruter un ou 2 employés qui aideraient à la logistique, mais nous garderons toujours la main sur nos créations et la sélection des pièces que nous proposons.

Pourquoi ne pas avoir voulu faire de JoLi une marque et avoir plus mis en avant le côté service ?

JoLi est un concept, mais aussi une marque bien-sûr. Nous refusons d’être enfermées dans des cases. JoLi n’a certes pas de boutique, mais notre marque existe bel et bien et nos créations sont étiquetées en tant que telles.

Nous avons également certaines créations faites en collaboration avec un couturier très connu de la place, qui portent une étiquette différente avec la mention de son apport. Et dans peu de temps JoLi ouvrira d’ailleurs son corner chez « Africa Dressing by Fadi Wax ».

Le côté service s’inscrit totalement dans la suite de notre activité, car nous choisissons non seulement le tissu, dessinons et proposons le modèle, faisons confectionner etc…

Nous espérons décliner un jour la marque en différentes activités : JoLi Beauté, JoLi Maison etc…

Si tu étais une célébrité, tu serais qui ? Et pourquoi ?

Je dirai Barack Obama; je trouve son parcours impressionnant et inspirant. Il est d’une élégance tant physique, qu’intellectuelle rare ! Il nous a fait rêver. C’est un modèle.

Selon toi, quels sont les challenges d’une femme moderne dans le monde actuel ? Pour toi, c’est quoi une femme africaine ?

Une femme moderne pour moi est une femme qui travaille et qui est indépendante financièrement. C’est très important l’autonomie financière. C’est une femme qui doit mener de front sa vie professionnelle et sa vie familiale et ceci sans s’oublier en chemin : elle doit conserver sa féminité, rester belle et élégante par la même occasion.

Son plus gros challenge, c’est que sa force et sa capacité à gérer toutes ses différentes « vies » soient reconnues à leur juste valeur.

Une femme africaine ? C’est la même décrite ci-dessus, avec ceci en plus, qu’elle a un attachement aux cultures de son pays, à son identité.

Les femmes africaines ne sont pas différentes des autres femmes. Pour moi l’identité est quelque chose d’intrinsèque, elle n’a rien à voir avec la nature des cheveux, les tenues africaines etc… L’identité c’est connaitre sa culture, parler ses langues nationales, savoir cuisiner les mets de chez soi, connaitre ses panégyriques, savoir d’où l’on vient et en être fière…

Josiane CHAHOUNKA, The Chic Lady !

Quels sont tes plus gros complexes ?

Ma peau du visage (j’ai souffert d’acné sévère au point ou au Lycée un ami me disait que j’avais ouvert une mercerie), j’en souffre encore d’ailleurs. À cela, il faut rajouter les traces et taches dues à la varicelle au visage toujours (cela fait beaucoup). Je sors par conséquent rarement sans maquillage, mais cela m’arrive le weekend end pour aller faire des courses en ville. Si vous me voyez, ne vous demandez pas si c’est toujours moi… rires.

Il y a d’autres parties de mon physique que j’aime moins, mais je suis plutôt du genre à m’accepter telle que je suis et à faire avec ce que la nature m’a donné et avancer.

Quelle est ta routine beauté préférée ?

Je dirai plutôt incontournable : le démaquillage. Il m’est déjà arrivé de ne pas passer la nuit dehors alors que c’était prévu, parce que je n’avais pas mon arsenal. Se démaquiller, c’est très important quand on aime sa peau !

Qu’est-ce qui fait qu’un homme capte ton attention ?

Sa bonne éducation et sa délicatesse indéniablement. J’ai une aversion pour les goujats et les gougnafiers.

Qu’il y a-t-il ici (à Cotonou), que tu ne retrouves pas ailleurs dans tes voyages ?

Ce qu’on y mange sans hésiter ; mais aussi quelque chose d’indescriptible et d’innommable, que je ne peux trouver nulle part ailleurs : le sentiment d’être chez moi, à la maison et d’être pour ce faire invincible.

Josiane CHAHOUNKA, The Chic Lady !Si on te donnait le pouvoir de remonter le temps pendant dix minutes, que ferais-tu ?

Si je pouvais repartir en arrière, j’aurais passé tous mes moments libres et des nuits chez ma mère quand j’étais de passage à Cotonou.

Je lui aurais dit que je l’aimais et je l’aurais serrée dans mes bras de temps en temps (je n’ai pas été éduquée ainsi et n’ai pas appris à le lui dire et à le faire de son vivant). Je lui aurais aussi dit qu’elle est une femme incroyable.

Pour le reste il y a forcément des choses que j’aurais fait autrement ou d’autres choix que j’aurai certainement opérés. Mais je trouve que chaque chose est à sa place et que s’il y a des choses qui me conviennent moins, c’est que cela devrait en être ainsi.

Dis-nous en trois mots comment te définissent tes proches ?

On me dit souvent que je suis un amour de personne. C’est le 1er mot ? Non je ne crois pas hein : Je peux en citer 3 qui reviennent souvent : Souriante, aimante et sincère.

Shoppeuse impulsive ou rationnelle ?

Les deux ; j’achète de façon impulsive quand ce sont les soldes, car je ne veux pas louper les promotions et saute sur tout ce qui bouge et me plait. J’achète ainsi toute l’année, car les promos sont permanentes même en dehors des périodes de solde officielles.

Néanmoins, il m’arrive parfois de m’arrêter et de me rendre compte que j’ai déjà 4 fois le chemisier semblable à celui que je venais de commander. Je peux ainsi lever le pied, mais je reste comme beaucoup de femmes une shoppeuse impulsive. Mais bon, j’essaie de ne plus culpabiliser. En plus, il parait que le shopping est bon pour le moral. Rire….

Quel style vestimentaire a marqué ton adolescence ? Pourquoi ?

Je ne saurai le dire. C’était un peu de tout, mais je peux affirmer que mon style était moins féminin qu’aujourd’hui. À l’adolescence, je me cherchais, j’avais envie de ” résister “. À quoi ? Je ne saurai le dire. Je portais  énormément de vêtements masculins (jeans,  t-shirt, etc…)

Que représente le wax pour toi ? Une petite anecdote ?

Le Wax (Vlisco) est un héritage de maman indéniablement. Elle en vendait en complément de son travail dans l’administration béninoise. À chaque visite de clientes nous devrions aller chercher les pièces de wax dans les cantines qui étaient destinées à cet effet. Il fallait les ranger à la fin de la visite, les ressortir à la prochaine visite, ainsi de suite. Elle possédait elle-même la plupart des motifs mythiques.

J’y suis donc très attachée. Quand j’aime un dessin, je peux me l’offrir en plusieurs couleurs. Je sais que beaucoup disent que ce n’est pas un tissu de fabrication africaine et que la plus grande marque de Wax pille le continent en étouffant les tissus africains.

Josiane CHAHOUNKA, The Chic Lady !

Mais je pense qu’il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain : depuis l’intégration du wax en Afrique, des générations entières de femmes ont atteint l’autonomie financière en vendant du Wax, certaines ont construit des richesses colossales. Ensuite il faut reconnaitre quand-même, qu’ils ont des designers d’enfer et que les dessins et les coloris sont magnifiques.

De plus il nous revient à nous-mêmes africains, de fabriquer des tissus de qualité, bien identifiables et à coût raisonnable, que les créateurs pourraient mettre en valeur. Le Kente, le bogolan et le Faso Dafani, le Kanvo béninois et notre tissu teinté indigo par exemple, sont des bons points de départ.

Ton plat préféré ?

Le Amiwo au poulet bicyclette grillé, mais la sauce Gboman et l’igname pilée ne sont pas du reste. Sinon j’essaie de manger équilibré et sainement depuis quelque temps et mange beaucoup de salades.

Josiane CHAHOUNKA, The Chic Lady !
Amiwo au poulet grillé (un mets typiquement béninois)

Dis-nous quelque chose que personne ne sait sur toi…

Je n’ai aucun secret, n’ai assassiné personne et ne cache de corps nulle part ! Cliquez pour tweeter

Il est difficile pour moi de trouver quelque chose sur moi que personne ne sait. Je suis très proche de ma famille et de quelques rares amis. Ils tiennent sur la moitié des doigts d’une main et savent la plupart des choses me concernant. Mais je peux peut être parler de choses que les gens n’imaginent pas.

En réalité tout le monde me dit et croit que j’ai tout et que je suis une femme accomplie et sûre d’elle. Ce n’est pas entièrement vrai. Je suis insécurisée par un tas de choses, doute beaucoup et suis constamment “à la recherche du bonheur”. Au passage, avez-vous le film de Will SMITH du même titre ? Cela m’a fait pleurer les 2 fois, vous devriez le voir !

Josiane CHAHOUNKA, The Chic Lady !

Un mot de fin (Libérale et toi )…

Lorsque nous avons créé JoLi après plus de 2 ans d’hésitation, nous avons tout entendu : « Ca ne servira à rien »; « vous n’apporterez rien de plus »; « ce sont les mêmes robes qu’on voit partout », « personne ne fera appel à vos services »; « pourquoi au lieu d’acheter mon tissu et d’aller le faire confectionner chez le couturier, je paierai des frais supplémentaires à des gens pour faire cela pour moi », etc.

JoLi a 4 ans maintenant, fait son petit bonhomme de chemin et rend service à une clientèle fidèle. Nous sommes fières de notre bébé qui continue toujours sa croissance. Nous sommes reconnaissantes envers nos amis et notre famille, qui ont cru en l’aventure et qui nous font confiance.

Pour finir, si tu as un un projet : Poursuis tes rêves, n’écoute que ton enthousiasme et lance-toi : il y a de la place pour tout le monde ! Et pour reprendre une phrase lue sur le net, “Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque. À te regarder, ils s’habitueront “.

Ce que je retiens de cette interview, c’est beaucoup de positivité et de sagesse. Ce n’est pas un crime de tout vouloir à la fois, tant qu’on est prêts à bosser dur. Nous avons tous et toutes nos peurs, mais il nous revient toujours de les affronter.

Je dirai mieux, il n’ y a pas de peurs, il n’y a que des horizons inexplorés…. Tout est une question de timing. Vivez et osez vous battre, pour ce que vous voulez. Au mieux vous apprendrez; au pire, vous aurez mieux. C’est au bout de l’ancienne corde qu’on tisse la nouvelle 😉

Seul l’amour compte, seul l’amour nous éduque et nous fait grandir…N’oubliez jamais de sourire, ça motive !!!

Photos : Riozda Pictures

Vidéo : Médard VIANOU

Questions : MC Squad

Covers : Micrette TOHOUNGAN

Make Up : Michèle OUSSOU

Direction artistique : Estelle Gloria, Morel AGUIAR, Fadil SANTOS

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