Nathalie KOAH, The Face of Resilience !

Lorsqu’on m’a dit que j’allais interviewer Nathalie KOAH, j’ai ressenti de l’appréhension. J’étais stressée, j’avais peur de qui j’allais rencontrer. J’avais peur de me retrouver face à un masque immuable, un personnage créé de toute pièce…

Puis J’ai rencontré, la résilience personnifiée. Nathalie KOAH est la Fashion Model du Mois de Juin et ce n’est pas un hasard… Elle vient de loin, de bien plus loin que vous puissiez l’imaginer. Cette interview est mon regard, mais aussi celui de mon équipe sur une femme forte, sensible et courageuse !!!

Qui est Nathalie KOAH ? Dis nous tout …

Je suis Nathalie KOAH, j’ai 31 ans. Je suis mère d’une fille de 18 mois. Je suis entrepreneur, j’ai quatre entreprises à mon actif respectivement dans les domaines de prestations de services, de l’audiovisuel, de l’évenementiel et de la mode et des cosmétiques. J’ai également une application télé qui est en gestation…

On t’a connue, avec ton livre Revenge Porn… D’où t’es venu, le courage de raconter ton histoire ?

Le courage m’est venu du simple fait que mon histoire était racontée, mais de la mauvaise façon. J’ai été présentée de façon brusque à la presse, à travers une sombre histoire. Le portrait qu’on peignait de moi dans les médias, n’était pas le mien. J’ai dû prendre la parole pour rétablir la vérité. J’avais le choix entre faire plusieurs interviews ou écrire un livre qui puisse être lu par une cible plus large et même des générations futures.

J’ai pris un risque en étant crue, parce que je suis consciente d’avoir dévoilé plusieurs aspects privés de ma vie. Je me suis cependant dit que toute personne illuminée et mature comprendrait, sans forcément adhérer.

Il était important pour moi d’écrire mon histoire, de m’en servir comme thérapie afin de prendre un nouveau départ. C’était une manière pour moi de faire table rase du passé; me présenter, voilà ce que j’ai fait, voilà qui je suis et voici ce à quoi j’aspire.

Aujourd’hui, après tout ce tapage médiatique autour du livre, autour de ta personne, qu’est ce que tu retiens de cette expérience ?

Je n’ai jamais de regrets ! Tous les actes qu’on pose, qu’ils soient positifs ou négatifs ont des conséquences. Nos actes on un impact sur nos vies, d’une manière ou d’une autre. La surmédiatisation autour de ma personne, m’a permis au contraire de me positionner et de positionner des produits; ce qui me permet aujourd’hui d’assurer mon train de vie.

J’aurais pu m’apitoyer sur mon sort, mais j’ai vu plus loin. J’ai vu une opportunité de grandir, de me construire et de m’imposer sur un marché prometteur à travers mes idées, mes actions et mon style de vie.

Qu’est ce qui a été le plus dur pour toi, pendant toute cette surexposition ?

Ce sont les jugements ! Ces jugements étaient à des années lumière de ma personne. Cela ne me dérange pas que mon livre n’ait pas plu à tout le monde.

Par contre les spéculations, les ont-dit, les attaques personnelles quant à ma vie, ont été les aspects les plus difficiles à gérer. À un moment face à de telles histoires fausses, j’avais juste envie de prouver que les gens avaient tort…S’assurer de toujours rééquilibrer l’information, est lassant !

Aujourd’hui, quels sont tes rapports avec les hommes ? As-tu développé ce syndrome de “all men are trash” ?

Malheureusement cette histoire m’a emmenée à ne plus envisager une quelconque histoire sentimentale, avec mes frères camerounais. C’est le traumatisme avec lequel, j’en suis sortie.

Je me suis dit qu’il était temps que je m’ouvre, que je découvre d’autres cultures… Je me demandais si ce n’était pas moi, le problème. Peut-être avais-je un comportement pas adapté, je me sentais incomprise. Mon estime de moi avait pris un sacré coup.

J’ai donc essayé de m’ouvrir à travers des voyages, c’est ainsi que j’ai rencontré mon compagnon actuel qui a une culture différente de la mienne. Aujourd’hui, nous nous apportons quelque chose de nouveau et j’ai l’impression d’être dans une relation fraîche.

À la base, quelle était ta formation ? Quel était ton rêve d’enfant ?

Je n’ai pas fait d’études universitaires. Je n’ai pas eu une enfance facile; j’ai toujours été anti-conventionnelle. Je suis un esprit libre, j’ai toujours voulu faire les choses à ma façon.

Depuis toute petite, j’ai toujours été passionnée par les métiers de l’aviation. Après le bac, il fallait faire une école de formation. J’ai commencé avec une école d’esthétique, option pédicurie médicale; je ne me voyais pas trop dans ce secteur. J’ai été hôtesse d’accueil dans des événements.

Puis lorsque le Cameroun a lancé sa compagnie aérienne (la CamairCo), j’y ai vu une manière de concrétiser mon rêve. C’est plus facile de postuler dans son pays, qu’ailleurs… J’avais les bases requises: j’avais le bac, je m’exprimais bien en anglais, etc.

J’ai ainsi intégré la CamairCo, en tant qu’hôtesse VIP. Je m’occupais de l’accueil des passagers VIP, leur faciliter l’embarquement et les procédures. J’ai très vite évolué, parce que j’étais dynamique et passionnée. Étant hôtesse, J’ai profité de mes vacances en France pour faire une formation d’agent d’escale. Ce qui m’a permis de passer agent d’escale; six mois plus tard je passais Customer Service Agent.

Malheureusement, je n’ai pas pu évoluer plus que cela parce qu’à ce moment, mon histoire a éclaté. Avec cette histoire, mes rêves dans le milieu de l’aviation ont été enterrés. Puisqu’il fallait côtoyer les clients, être proches d’eux.

J’avais l’impression d’être jugée, d’être déshabillée une deuxième fois. C’était insupportable; j’ai dû demander à ce qu’on m’affecte au service administratif. Mes employeurs ont d’ailleurs été très compréhensifs.

N’étant pas passionnée par les métiers d’administration, j’ai dû démissionner moins d’un an après. Il était temps pour moi de me focaliser sur moi, de créer ma propre entreprise.

Aujourd’hui, je touche un peu à tout; j’ai également des plantations… Je ne fais que ce qui me passionne. Ce n’est pas encore lucratif comme je le veux, mais mes activités me permettent de joindre les deux bouts, de m’occuper de moi, de ma fille et de ne pas me reposer entièrement sur mon compagnon.

On ne s’imaginerait pas un tel parcours au premier abord. Pourquoi avoir choisi de soutenir Elena, à l’occasion de son livre sur l’estime de soi ?

Je pense que tout ce que nous vivons est soutenu par notre confiance en nous, par notre capacité à dire: “je peux le faire, parce que j’en ai les capacités”. Soutenir Elena Miro K dans cette aventure est pour moi, un moyen de montrer à mes soeurs béninoises qu’il faut s’aimer suffisamment fort pour vivre selon ses propres convictions…

L’ouvrage “Le Miroir” de Elena Miro K. est pour moi, un signal fort pour toute personne qui a été une fois rabaissée dans son estime personnelle. C’est comme une note d’espoir, une nouvelle chance qu’il faut accepter de se donner.

Je pense que le plus important n’est pas le fait de ne pas commettre d’erreurs, mais de tirer les leçons qui en découlent, et d’en faire un bon usage dans le futur.

Je suis suivie par des milliers de gens qui me demandent comment j’arrive à gérer le regard des gens, les critiques , mais aussi les encouragements… On me demande comment je fais pour marcher la tête haute, malgré tout cela.

À ces gens, ma réponse est toujours la même : j'y arrive parce que j'ai confiance en moi ! Click To Tweet

J’ai développé cette confiance en moi parce j’ai compris que personne ne viendra me donner du crédit et de la valeur, si je ne le fais pas moi même. Voilà comment j’arrive à m’imposer !

Lorsque l’équipe d’Elena m’a contactée et que j’ai vu le teaser, je me suis dit : c’est ce que je me tue à expliquer aux filles camerounaises. J’ai une très forte estime de moi et j’ai une forte confiance en moi; c’est ce qui me permet d’avancer chaque jour et d’aller à la conquête de mes rêves.

C’est toujours un plaisir pour moi, d’accompagner de telles initiatives. Surtout si cela peut contribuer à éveiller les consciences.

Pour toi, quelle est la différence entre la confiance en soi et l’estime de soi ?

La confiance en soi, c’est la capacité de faire. L’estime de soi, c’est la capacité à être. Ces deux notions sont les piliers de l’intelligence émotionnelle de toute personne. Elles fondent notre rapport avec nous-mêmes d’une part, et notre rapport avec les autres d’autre part.

En tant que mère, comment te vois-tu accompagner ta fille à devenir une femme confiante et épanouie ?

En lui faisant des compliments vrais ! Pas pour flatter son égo, mais pour l’emmener à s’aimer avant toute chose. Une mère doit être le pilier de son enfant, lui apprendre à être autonome. Lui apprendre que c’est normal de se tromper, mais que c’est encore plus important d’apprendre de toutes ses expériences de vie.

Lui apprendre qu’elle peut réaliser tous ses rêves, pour autant qu’elle soit prête à se battre pour ce qu’elle veut. Je lui dirai toujours (et je le fais déjà), que rien ne lui est impossible et qu’elle a en elle, les ressources pour réussir ! Ainsi, personne ne pourra lui dicter sa conduite… J’en ferai un leader !

As-tu conscience que sous nos cieux, les femmes leaders sont généralement “mal vues ” ?

Oui j’en suis consciente. Cependant pour moi une femme leader, est une femme qui combine à la perfection ses différents rôles dans la société . C’est une femme épanouie tant dans sa vie professionnelle que privée. C’est une femme avec des valeurs, des opinions, de la sensibilité et du caractère.

J’adore faire le ménage, j’adore cuisiner, j’adore m’occuper de mon homme; cela ne m’empêche pas d’avoir une carrière florissante. C’est ce que je vais enseigner à ma fille !

Vu qu’on parle cuisine, quelle est ta gourmandise préférée ?

J’aime beaucoup manger, il faut le savoir… J’aime les mets camerounais, j’aime tout ce qui est épicé. Mon plat préféré, c’est la sauce d’arachides grillées. J’adore son côté à la fois sucré et salé.

J’adore le N’dolè, j’en fais avec de la viande et des crevettes. J’adore cuisiner le n’dolè; c’est un plat difficile à équilibrer. Mes proches me disent souvent que mon n’dolé est excellent. J’aime m’en vanter, lol.

Le n’dolè

Si tu devrais te définir, côté capillaire …

Mes cheveux courts, c’est ma marque de fabrique… Je m’identifie beaucoup plus à ce type de coiffures : le carré  plongeant, le mi-long, la coupe d’un côté, le coupé à ras. Par contre, je ne suis pas nappy. Le court, c’est ma signature !

 Comment décrirais-tu ton style ?

Je dirai classique chic; je mise beaucoup sur l’équilibre des pièces et de la silhouette. Pour le bureau, chemisier et jupe crayon.

J’adore les jeans et les pantalons slims, ils marquent ma silhouette avec des escarpins et un blazer… Mes robes sont généralement longueur mi-genou. J’ai de belles jambes, je les mets rarement en valeur sauf à la plage.

C’est ta première fois au Bénin, quelles sont tes impressions ?

Le Bénin est l’un des rares pays que j’ai visité et où je me suis sentie autant à l’aise. Je n’ai pas l’impression d’être loin de chez moi. Votre cuisine est magnifique, les gens sont très accueillants et très bien éduqués.

Selon toi, qu’est ce qui différencie la femme camerounaise, des autre femmes africaines ?

J’ai l’impression que toutes les femmes africaines se ressemblent énormément. Ça se joue plus au caractère et aux traits du visage. Nous sommes toutes magnifiques !

Si tu devrais te définir en trois adjectifs ?

Courageuse, altruiste et forte…

Il faut une force mentale incroyable pour se relever après un coup aussi dur… Pour comprendre des choses, il faut avoir vécu ces choses ! Si il y a quelque chose que je retiens de cette interview avec Nathalie KOAH, c’est qu’il ne tient qu’à nous de vivre et non d’exister. Et pour paraphraser Miss Côte d’Ivoire 2018, je dirai “c’est l’ignorance de soi, qui a rendu le lion esclave du mouton”.

C’est votre vie et vous n’en avez qu’une, alors VIVEZ ! Et même quand l’avenir semble incertain, foncez …

Les chemins les plus tortueux, mènent généralement aux destinations les plus incroyables…

Photographe : Harry JOHNSON

Lieu : Benin Royal Hôtel

Questions : McSquad

Direction Artistique : Estelle Gloria

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